Le gouvernement espagnol désigne un nouvel ennemi : les Amazighs

Les Amazighs dénoncent la décision du gouvernement espagnol de livrer des détenus amazighs au pouvoir algérien

Communiqué distribué lors du sit in qui a eu devant l’Ambassade d’Espagne à Rabat ce jeudi :

Le mouvement amazigh au Maroc et en Afrique du nord « Tamazgha », a pris connaissance, avec grand étonnement, de la volonté du gouvernement espagnol de livrer des détenus amazighs du M’Zab en Algérie, Khodir Sekkouti, délégué de l’Assemblée Mondiale amazighe en Algérie et de l’activiste amazigh Salah Abbouna, détenus auprès des autorités espagnoles depuis le 06 juillet 2017, suite à un avis de recherche international émis par les autorités algériennes contre les deux activistes amazighs, accusés de terrorisme. Cette décision constitue un danger pour la vie des détenus en raison de l’histoire noire du régime algérien contre ses opposants.

Le mouvement amazigh, tout en s’étonnant de cette décision émanant du Conseil des ministres espagnol qui a décidé la livraison  des détenus amazighs au pouvoir de Bouteflika, bien qu’il soit au courant de l’histoire noire du régime algérien en matière des droits de l’homme, et sa connaissance de l’opération de « nettoyage ethnique » menée par le pouvoir algérien contre les amazighs de la région du Mzab en détruisant leurs biens, fait qui a entrainé de dizaines de martyres et de détenus, la calcination des maisons et des logis des Mozabites. Ce fait a poussé les activistes Sekkouti et Abbouna à fuir les poursuites du régime algérien. Le gouvernement espagnol a opté pour ses intérêts au détriment des droits de l’homme.

En raison de ce que constitue la décision du gouvernement espagnol, en cas de sa mise en œuvre, en matière de bafouillage des droits de l’homme, optant pour ses intérêts politiques et économiques, les activistes amazighs affirment ce qui suit :

-  L’extradition des détenus amazighs aux autorités algériennes constitue un danger pour leur vie, en raison des politiques de vengeance programmée adoptée par le système algérien contre les Amazighs, particulièrement les Amazighs du M’Zab,

-  Que le pouvoir algérien vise, par son communiqué contre les activistes revendiquant l’autonomie du Mzab, veut se venger des activistes qui dénoncent sa dictature et sa sauvagerie, par des photos et des vidéos qui dévoilent le vrai visage  auprès des organisations des droits internationales et des institutions internationales,

-  Souligne que le mandat d’arrestation international émis par le pouvoir algérien contre les activistes et contres le Mouvement pour l’autonomie du Mzab, constitue la continuation du processus  d’arrestations arbitraires et de poursuites juridiques ainsi que des jugements formels contre les amazighs algérien,

-  Demande aux autorités espagnoles d’annuler sa décision et de libérer les activistes amazighs, Khodir Sekkouti et Salah abbouna, en les protégeant des actions du pouvoir algérien. Ils revendiquent aussi au Bureau de l’Organisation des Nations Unies pour les Refugiés d’intervenir auprès des autorités espagnoles pour octroyer le statut de refugiés politiques aux détenus amazighs algériens en les protégeant contre les renseignements militaires algériens,

-  Dénonce la continuation du régime algérien à poursuivre les activistes du mouvement pour l’autonomie du Mzab, en Algérie et ailleurs en les accusant, fallacieusement, de terrorisme, pour les incarcérer,

- Réitère sa demande aux instances et organisations de droit internationale ainsi qu’à l’Union Européenne et toutes les organisations afférentes pour intervenir et presser les autorités espagnoles pour qu’elles annulent leur décision et exercer une pression sur les autorités algériennes pour libérer  les détenus politiques mozabites

- Les activistes amazighs réaffirment leur engagement à poursuivre la dénonciation de ces actes ségrégationnistes ainsi que ce « nettoyage ethnique » programmé par le pouvoir algérien contre les amazighs du Mzab

ONG signataires :

· Assemblée Mondiale Amazighe (AMA)

· Organisation IZERFAN

· Mouvement TAWADA

· Observatoire Amazigh des Droits et Libertés (OADL).